Rencontre à l’Espace Khiasma / 23-24 mai 2014

 

Un premier rendez-vous est organisé en préambule à l’exposition Nul point sur une carte ne situera nos souvenirs (commissariat : Olivier Marboeuf) qui se tiendra à l’espace Khiasma fin 2014 en partenariat avec La Fin des cartes ? et les Turbulences – FRAC CENTRE. Il prendra la forme d’une soirée de projection (vendredi 23 mai à 20h00) et de deux tables rondes (samedi 24 mai à partir de 14h 30).
Prenant appui sur une sélection d’œuvres empruntées à plusieurs artistes, au FRAC Centre ainsi qu’à la Collection départementale d’art contemporain de la Seine-Saint-Denis, ces rencontres proposent d’interroger les limites de la représentation du territoire, notamment cartographique.
Deux vidéos, La Riappropriazione della città d’Ugo La Pietra (1977) et Cerimonia de Superstudio (1973), serviront d’introduction. Chacune à sa manière met en évidence un point limite de la représentation cartographique à travers une réflexion sur l’acte d’habiter et les modalités d’appropriation du territoire, loin de tous tracés ou parcours préétablis. Dans leur mise en cause de l’architecture et de la ville normatives, ces deux films ouvrent sur la possibilité d’une expérience du territoire, toujours contingente, imprévisible, parfois rudimentaire mais jamais dénuée de poésie.
Plus précisément, il sera question de débattre de la relation entre l’expérience et les tentatives d’assignation du territoire. En effet, l’expérience ne défie-t-elle pas, par sa nature même, tous les moyens (graphiques, infographiques, algorithmiques, etc.) qui tentent de la modéliser ? Alors que la plupart du temps, la carte entretient une proximité avec le réel qu’elle tente de « circonscrire » pour mieux le comprendre, ses formes et usages ont pu et peuvent être contestés. Dans quelle mesure l’expérience ne déjoue-t-elle pas le projet même d’une représentation cartographique du territoire ? Il s’agit ici de faire valoir l’expérience contre un au-delà du projet. Aussi, selon quelles modalités l’artiste parvient-il à déborder le projet et la représentation en tant que figuration objective ? Comment l’expérience, bien qu’elle puisse s’adosser à la notion de projet (notamment artistique), parvient-elle à la dépasser ? Si les méthodes et les outils employés pour parvenir à sa représentation ont pu participer d’une mathématisation du monde, quelles approches les artistes développent-ils à son égard ?
Ce premier moment, en amont de l’exposition à venir, entend ainsi réfléchir sur des pratiques relevant de cet « insituable » de l’expérience qui s’émancipe d’une représentation figée des territoires. Cartes évanescentes, exploration de lieux secrets qui entendent le rester, habitabilité inattendue de certains territoires… constituent autant de manières de présenter et de figurer cet « insituable », de produire et de partager, par l’expérience, des situations secrètes ou des espaces invisibles

Programme / infos pratiques : télécharger ici NEWSLETTERN3 AVRIL 2014