Parcours d’expositions – novembre-décembre 2015

[Événement 5]
Novembre 2015
Parcours d’expositions : Espace des Arts sans Frontières, le Shakirail, École Nationale Supérieure d’architecture de Paris-Belleville, Khiasma, Immanence
Prêt d’œuvres du FRAC Centre (Fonds Régional d’Art contemporain)

« Une exposition conçue comme un parcours entre différents lieux pour inviter le public à la déambulation et former la cartographie d’un territoire à se rapproprier collectivement. Un parcours au sein de cartes, plans, maquettes, installations, ateliers et promenades, pensés comme autant de réponses aux questions posées par le projet de recherche La Fin des Cartes ? Territoires rêvés, territoires normalisés.
La question du point de vue tout d’abord en confrontant celui des robots, des drones, des caméras de surveillance avec le points de vue de ceux qui habitent ces territoires. Entre cartographie subversive et cartographie subjective, les travaux présentés apportent un regard critique sur les nouveaux modes de représentation des machines de vision et offrent une alternative à cette mise à distance en redonnant la main à ceux qui vivent ces espaces par le biais de la cartographie participative, sensible et vécue. Révéler des sentiments, des sensations, les petites histoires du quotidien, visualiser des données sous-jacentes, imperceptibles, celles qui font la ville.
Plus les canaux existent, plus ils permettent d’avoir accès à une mémoire orale, visuelle. Comme si le numérique venait à la rescousse d’une tradition orale malmenée par des siècles d’acculturation, tout cela se révélant sous des strates d’histoires urbaines, périurbaines et planétaires. « Un quartier urbain n’est pas déterminé seulement par les facteurs géographiques et économiques mais par la représentation que ses habitants et ceux des autres quartiers en ont. »[1]
Repenser l’idée de dérive à l’ère des objets nomades. Mais pas la dérive utilitariste que nous proposent la plupart des services mobiles géo localisés, une dérive augmentée de capteurs, pour mieux se perdre et re-découvrir. Aller à la découverte d’espaces délaissés, de recoins égarés, au travers de marches aléatoires au détour d’un canal ou d’une cité. Aller à la rencontre fortuite.
Et toujours visualiser, les flux, les déplacements, les enjeux. Voir ce qui se cache sous les cartes, recomposer sa propre carte d’une ville possible. Prolonger à l’aide d’interfaces numériques une cartographie subjective, sensible et poétique. Invoquer du sensible dans l’urbain pour un homme augmenté, connecté, géo localisé, surveillé : dividuel[2]. »
[1] Guy Debord. «Théorie de la dérive», Les Lèvres nues, n°9, décembre 1956
[2] Gilles Deleuze, « Post-scriptum sur les sociétés de contrôle », in Pourparlers, 1972 – 1990

Isabelle Arvers, commissaire d’exposition

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Programme du parcours d’expositions

Le Shakirail

72 rue Riquet, Paris 18e (association Curry Vavart). Exposition du 12 au 22 novembre, avec un pré vernissage le 12 novembre
Exposition des travaux et oeuvres de recherche de Karine Comby, Marion Balac, Sabrina Biokou Sellier, Alma Sarmiento.
Projections des vidéos de Jordi Colomer, Louidgi Beltrame, Esther Polak et Ivar van Bekkum : le 12 novembre à 19h et le 16 novembre à 19h00.

Suite aux événements du 13 novembre, la projection du lundi 16 est annulée. Nous aurons des difficultés à assurer la permanence, si vous souhaitez visiter l’exposition, contactez-nous au 06 79 87 76 80 ou à l’adresse contact@kareron.com

Commissariat Isabelle Arvers

Atelier The Atlas is Dead; personal cartography with GPS. 21 novembre, Jeremy Wood. Atelier 10h-13h; 14h30-17h30 – sur réservation
Where are we in the age of digital maps and satellite navigation? Whist the Global Positioning System is incredibly precise it is not always accurate. Prepare to walk and dress for the weather.

Espace des Arts sans Frontières

44 rue Bouret, Paris 19e. Exposition du 18 au 23 novembre
15h-19h. ouverture sur RDV le reste de la journée : téléphoner au 01 42 01 27 74 ou 07 83 34 64 26
Programmation en cours : Myriel Milicevic & Ruttikorn Vuttikorn, Jean Baptiste Bayle, Bureau d’Etudes, Heath Bunting, Ben Fry, Forensic Architecture, Patrick Lichty, Cristian Espinoza, Zohar Kfir, James Bridle, Kader Attia, Guy Debord, Rem Koolhaas, Yona Friedman. Commissariat Isabelle Arvers

Place de la république, Paris

Dérives Flux, 18 novembre. DinahBird et Ocean Viva Silver – Fluxsituations. RDV 14h30 à la statue le la Place de la République – 2 dérives par groupes de 6 personnes, sur réservation

École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville

60 Boulevard de la Villette, Paris 19e. Colloque les 19 et 20 novembre
18 novembre : Accueil des participants. Marche urbaine, visite des expositions organisées dans le cadre du colloque.

Exposition du centre de recherche IPRAUS – École Nationale Supérieure d’architecture de Paris-Belleville, 16 novembre – 14 décembre 2015 – Inauguration jeudi 19 novembre 2015
Explorations figuratives. Nouvelles lisibilités du projet. Exposition IPRAUS/UMR AUSser
* « Représentations et citoyenneté » : interroger les figures de médiation utilisées dans le cadre des actions dites concertées ou participatives. Exposants : Julien Beller, Alain Renk, Patrick Bouchain ;
* « Représenter et modéliser le terrain : Entre innovation technologique et méthodes sensibles de description : quelle reconfiguration des objets du projet urbain et de paysage ? ». Exposants : laboratoire de Visualisation et de Modélisation du Paysage ETH (dir. Christophe Girot paysagiste) ; équipe D-Transect (dir. Frédéric Pousin, architecte), laboratoire CRESSON-Bazar Urbain (Nicolas Tixier, architecte).
* « Le projet comme recherche » : interroger la place de l’exploration spatiale dans un processus de recherche et son incidence sur les outils de représentation. Exposants : Paola Viganò, Susanne Eliasson, Anthony Jammes.
Commissariat : Jean-François Coulais, Elisabeth Essaïan, Béatrice Mariolle

Khiasma

15 Rue Chassagnolle, 93260 Les Lilas. 22 octobre – 19 décembre 2015
Les propriétés du sol, Filipa César, Raphaël Grisey, Younès Rahmoun, Louis Henderson, Estefania Penafiel Loaiza, Vincent Chevillon… / commissariat : Olivier Marboeuf
Les propriétés du sol met en regard plusieurs gestes et régimes d’appropriation du sol. La colonisation affronte la mémoire, la géologie est augmentée par le récit, le sol devient parlant et parlé par les protagonistes d’un territoire à la géographie mouvante. Des quilombos du Brésil au désert du Rif, des frontières dérivantes de la Caraïbe à l’Alentejo portugais, cette exposition convoque une archéologie politique qui s’étend à l’espace insaisissable mais pourtant profondément concret du World Wide Web.

Immanence

21 Avenue du Maine, Paris 15e. Exposition du 19 novembre au 19 décembre 2015
Vernissage le 18 novembre 2015

De passage : le voyage à l’œuvre, une exposition en trois étapes : Mexico, Berlin, Paris.
Avec les artistes : Francis Alÿs, Gabriel Orozco, Ronald Moran, Tacita Dean, Baron Humboldt, Alberto Baraya, Waldeck, Teresa Margolles, Betsabeé Romero, César Martinez Silva, Marcela Armas, Guillermo Gomez Peña, Silvia Gruner , ERRE Marcos Ramirez, Cannelle Tanc, Ulrike Flaig, Guy Allot, Joe Walker & Pat Walker, Romain Cattenoz, Elodie Lombarde. Victoire Barbot… (Liste des artistes à confirmer)
Au XXIe siècle, le monde des découvreurs a laissé place à un espace globalisé, où transitent des flux de personnes et de marchandises à toute heure et en tous lieux. On voyage vers des pays lointains comme on prendrait un métro. Au milieu de ces déambulations, l’artiste circule aussi et ses œuvres plus encore. À partir de cette dynamique créatrice, l’exposition se propose de décliner la notion de voyage à travers quatre approches thématiques et trois pays unis par des histoires de découvertes et d’artistes migrants et arpenteurs : l’Allemagne, la France et le Mexique.
Commissaires d’exposition : Caroline Perrée & Cannelle Tanc

Une exposition en parallèle au colloque

Organisée parallèlement au colloque, cette exposition a pour but de nourrir les échanges et de les articuler aux œuvres. Cette proximité sera privilégiée pour instruire une relation immédiate entre la réflexion et les propos engagés par les différents intervenants invités et une sélection d’œuvres prêtées par le FRAC Centre, l’un des principaux partenaires du projet La Fin des cartes ? Territoires rêvés, territoires normalisés.
Cette exposition est donc un élément essentiel de ce projet de recherche et fait la spécificité de cet événement au sein de l’UFR des art plastiques et sciences de l’art de l’université Paris 1. La présence d’oeuvres internationalement reconnues fonde le projet et lui donne tout son sens. Elle lui permet notamment d’ancrer la recherche relative à la cartographie, aux territoires et aux utopies, dans le champ de l’actualité artistique et de rendre ces questionnements tangibles au regard de l’histoire de l’art. En cela, elle sera l’occasion d’apprécier les diverses façons dont les artistes imaginent et façonnent de nouveaux territoires et comment ils développent des expressions critiques et utopiques de l’environnement humain.

Un panorama d’oeuvres représentatives

Cette exposition est également l’occasion de dresser un panorama sélectif de démarches artistiques qui, si elles ont pour point commun la carte et les territoires, engagent des questionnements connexes qui débordent le champ de la représentation pour s’engager du côté de la sociologie, de l’histoire, de la géographie, de la philosophie, de l’anthropologie et de la politique. Cette capacité de l’art à toucher d’autres domaines que le sien atteste du caractère ouvert et transversal des questions que l’artiste aborde. Le choix des oeuvres (susceptible d’évoluer en fonction des disponibilités des oeuvres demandées auprès du FRAC Centre) a pour but de mettre en évidence des approches différentes du programme de recherches dans lequel il s’inscrit.
Si certaines oeuvres sélectionnées s’ancrent dans la réalité, développant à partir d’elle une réflexion concrète, d’autres s’orientent davantage du côté de la fiction à travers le développement d’utopies ou de dystopies critiques non dénuées d’une dimension anticipatrice et d’un univers parfois proche de la science-fiction. C’est l’émergence
d’une iconographie fondée sur le principe de la grille et sur la  question du changement de point de vue qui servira de fil conducteur à cette exposition, montrant notamment comment les artistes parviennent à travers l’utilisation de techniques diverses à modeler les territoires.

Exposer le workshop

C’est à cette occasion que le résultat du workshop mené du 15 au 24 octobre 2013 par le duo d’artistes PolakVanBekkum (Esther Polak et Ivar van Bekkum) sera également montré. La restitution de la réflexion et des productions ayant pu être réalisées lors de ce temps de recherche, permettra de témoigner de l’actualité des  problématiques abordées et de mettre celle-ci en relation avec des oeuvres du FRAC Centre autour des cartes et des utopies. Le caractère expérimental du travail mené lors du workshop entrera tout particulièrement en résonance avec la spécificité et l’esprit de la collection du FRAC Centre qui porte sur la dimension expérimentale de l’art et l’architecture des années 1950 à nos jours. Cette confrontation permettra de témoigner d’une pensée en marche et d’une pratique artistique en prise avec les enjeux sociaux, technologiques, humains, culturels et politiques de son temps.