L’oucarpo : jeu, critique ou méthode?

Guillaume Monsaingeon

Détourner les cartes, c’est poser la question de leur finalité.
Fidèle à la matrice de l’Oulipo, l’Oucarpo interroge la cartographie à travers des pratiques qui ressemblent à du jeu.
Cette dimension ludique et fictionnelle assumée est source d’un rapprochement avec les pratiques artistiques contemporaines bien plus toute enquête sur la « beauté » des cartes.
C’est par exemple le cas de l’activité qui consiste à fantasmapper, autrement dit reconnaître des formes cartographiques dans des objets imprévus.
Le jeu permet d’écarter la question de la fonction, tout comme le recours aux contraintes et le passage à la limite représentent des leviers pour s’interroger sur ce qui fait carte : à quel moment une image, un texte, un dispositif, perdent-ils leur « nature cartographique »?

Guillaume Monsaingeon
Guillaume Monsaingeon enseigne la philosophie à Marseille après avoir travaillé dans le monde des musées à Paris et en Italie.
Vauban et les plans-reliefs l’ont conduit aux pratiques artistiques cartographiques contemporaines.
Commissaire d’expositions patrimoniales et d’art contemporain – Vauban architecte de la Raison (tricentenaire Vauban, 2007) ; Arsenal et poudrière (2008), Mappamundi (Fondation Berardo, Lisbonne, 2011 ; Hôtel des Arts, Toulon, 2013),Alpha, beta, carta (Centre d’art de Rentilly, 2014 ; cipM, 2015), Villissima ! (Hôtel des Arts, Toulon, 2015) -,
il anime depuis 2013 l’Ouvroir de cartographie potentielle (Oucarpo) descendant de l’Oulipo.